Le Green It et LNA

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Extrait du Livre vert - Vision et recommandations sur le green IT et le développement durable par Syntec Informatique.

1. Dématérialisation

La dématérialisation optimise les échanges en transformant des biens et des processus physiques en données numériques. Elle limite donc l’empreinte carbone associée. L’Union Européenne estime les gains potentiels associés à 50 millions de tonnes de CO2 pour l’Europe et 7,5 millions de tonnes pour la France (9).

La dématérialisation est un facteur incontestable de croissance (renforcement de la communication et des échanges) et un gisement de productivité (accessibilité des informations, politique archivage). Elle permet également la pérennisation et la préservation des informations. Cependant, elle contribue également à une augmentation exponentielle du volume de données. Cet accroissement impacte directement le coût total du stockage de ces contenus qui ne cesse de croître. De plus, la nécessité de se conformer aux lois et réglementations se renforce (sécurité des données et gestion des risques) et impose de plus en plus à l'entreprise une parfaite maîtrise des données gérées.

La dématérialisation regroupe de nombreux sujets : numérisation de courrier entrant et sortant, virtualisation du matériel informatique (serveur, réseau, poste de travail), e-commerce, e-paper (édition électronique), télé-procédure (déclaration et paiement en ligne), vote à distance, téléchargement légal, VOD, télédistribution de logiciels software, contenu des pages web, etc.

Pour ne citer qu’un exemple, on estime à environ 768 millions le nombre d'arbres nécessaires à la production mondiale de papier. Plus inquiétant, depuis plus de 10 ans, la consommation de papiers et cartons dans le monde s'accroît d'environ 3,3% chaque année. En 2006, un employé de bureau américain imprimait chaque année en moyenne 10.000 pages (10).

( 9) Union Européenne - rapport « Assessing Opportunities for ICT to contribute to sustainable Development »
(10) Lexmark

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2. Télétravail, télé-présence, communications unifiées

Un français émet 8 tonnes de CO2 par an, vie privée et professionnelle confondue (11). 44% de ces émissions seraient liées à l'utilisation de la voiture et de l'avion dans le cadre de déplacements. Réduire les émissions de CO2 suppose donc de réduire drastiquement les émissions liées aux transports, soit en éliminant les raisons de se déplacer, soit en réduisant les émissions liées à chaque transport (par exemple avec des véhicules propres).

La dématérialisation de l'information est un levier fort pour limiter les raisons de se déplacer. Les outils de collaboration, de communication intégrée (i.e. intégrant la voix, les données et la vidéo), de "web conferencing", de messageries instantanées démultiplient les possibilités de collaborer de façon efficace ceci sans avoir besoin d'échanger systématiquement de visu.

Les déplacements professionnels sont également source de fatigue et d’inconfort pour les salariés (embouteillages, vols long courrier, etc.).

Le télétravail contribue donc aussi à augmenter le confort et la productivité des utilisateurs finaux en menant des réunions à distance. Le gain de temps (pas de transport pour se rendre sur le lieu de la réunion) se traduit également par moins de stress. Le télétravail représente aussi un excellent outil pour désenclaver certaines zones et faciliter l’insertion de personnes à mobilité réduite. Avec autant d’avantages, le télétravail et ses dérivés (télé-présence, vidéo conférence, communications unifiées, etc.) devraient être très développés. Pourtant, le nombre de télétravailleurs est très faible en France : 6% (12) contre 25,4% aux Pays-Bas et 22,8% au Danemark où 42% des cadres télétravaillent.

Le télétravail se heurte à des freins de nature multiple (dispositif de protection du salarié, management à distance des performances de l'employé, équipement IT & Télécom à domicile, approche innovante etc.) qu'il convient de dépasser pour bénéficier pleinement de ses impacts positifs environnementaux et sociétaux. Les acteurs (éditeurs, société de service) doivent donc bâtir de réelles solutions pour développer, promouvoir et adapter ces technologies aux exigences métiers.

(11) Ministère de l’Agriculture et de la pêche - 2008
(12) Proposition de loi sur le télétravail – avril 2009 – gouvernement français

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3. Collecte et recyclage des déchets

Chaque jour dans le monde, 10.000 PC deviennent obsolètes. Ces déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE*) croissent 2 à 3 fois plus vite que n’importe quelle autre catégorie. Or, sur les 180 millions de PC remplacés en 2008, 20% - soit 35 millions – ont purement et simplement été jetés dans la nature, avec peu ou pas de précaution au regard de leur contenu toxique.

Il s’agit là d’une folie écologique que tente d’encadrer la commission européenne avec la directives WEEE* : les utilisateurs et les fabricants doivent désormais recycler leur matériel.

La Commission Européenne impose également une éco-conception avec la directive RoHS, la traçabilité avec la directive REACH* pour limiter les substances chimiques, et une réduction de la consommation électrique avec la directive EuP*.

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4. Comptabilité carbone

Les récentes analyses du GIEC* révèlent l’urgence croissante de modifier nos comportements afin de contrôler et de limiter nos émissions de gaz à effet de serre. Si nous ne réagissons pas, le réchauffement climatique atteindra plus de 4°C d’ici la fin du siècle. Dans ce contexte, l’ensemble des acteurs économiques doit limiter son impact environnemental le plus vite possible. Le GIEC reconnaît que le prix actuel de l’énergie est trop faible et ne prend pas en considération les externalités négatives (impacts environnementaux et sociaux) sur leur environnement. Il faut s’attendre dans les prochaines années à la mise en place d’une « taxe carbone » progressive et suffisamment dissuasive pour inciter les entreprises à se « décarbonner » et à anticiper la pénurie des énergies fossiles programmée dès 2050. Le protocole de Kyoto engage déjà les états membres à réduire leurs émissions de CO2 de 8% d’ici 2012, une initiative renforcée par un nouvel objectif de -20% d’ici 2020. En décembre 2009, la conférence de Copenhague doit venir étendre le périmètre, fixer les nouveaux objectifs internationaux de réduction des GES ( 1 3 ) et déterminer les conditions d’accession et d’échange des quotas.

( 13 ) GES : Gaz à Effet de Serre

Pour tenir ces promesses, les états obligeront inévitablement les entreprises, à terme, à gérer leur empreinte carbone. Un nouveau modèle comptable (double comptabilité carbone) pourrait donc voir le jour. Il s’agit de mesurer une nouvelle « valeur ajoutée » qui serait calculée en diminuant les émissions émises par les processus de production et de consommation, des émissions déjà comptabilisées par les sous traitants ayant fourni les matières premières. En France le Conseil National de la Comptabilité a formulé la recommandation de ventiler les dépenses par types d’actions (traitement, élimination, mesure, recyclage et prévention de déchets polluants) et par domaines (eau, déchets, sols, bruit, rayonnements…). Cette double comptabilité permettra de faire des choix stratégiques et d’optimiser l’empreinte des biens et services commercialisés par l’entreprise. Elle s’inscrit dans les périmètres d’EMAS (Eco Management and Audit Scheme), une norme européenne révisée en 2004, ainsi que dans les nouveaux standards de reporting (NRE, GRI), et plus largement dans les Système de Management Environnemental (SME*). Des solutions se développent actuellement pour intégrer la mesure et la traçabilité des émissions carbone générées par l'activité de l'entreprise au sein des ERP*.

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5. Réduire l’empreinte environnementale des TIC

  • Réduire la consommation électrique des processus informatiques responsables des émissions de CO2,
  • Réduire les pollutions chimiques et les dégradations des écosystèmes engendrées lors de la fabrication et de la fin de vie des matériels.

Réduire l’empreinte environnementale des TIC consiste à :

L’informatique émet 2% (14) des gaz à effet de serre liés à l’activité humaine, autant que l’aviation civile. Si rien n’est fait, elle émettra 4% (15) des GES en 2020. On pourrait donc croire que l’informatique n’est responsable que de 2% des problèmes environnementaux de la planète. Mais la situation n’est pas si simple. Une analyse du flux matière des TIC montre que seulement 2% (16) du flux matière se retrouve dans l’objet. Les 98% restants sont utilisés pour les processus de fabrication et de traitement de fin de vie. Les déchets électroniques représentent, de loin, la plus grosse source de pollutions des TIC. Au point que l’EPA (l’agence américaine pour la protection de l’environnement) estime que les fabricants de matériel informatique sont les dixièmes pollueurs des USA.

(14) Gartner – 2007 – étude mondiale
(15) Rapport Smart 2020
(16) Hilty L.M., Ruddy T.F., Journal of Industrial Ecology, 2003 - (sans tenir compte des aspects énergétiques, donc des émissions de CO2 liées à l’usage)

Répartition estimée des émissions de CO2 globales provenant de matériels informatiques

GartnerGroup.jpg Source : Gartner Group septembre 2007

Poste de travail

Si leur cycle de vie, en particulier de fin de vie, est mal maîtrisé les postes de travail constituent une part non négligeable de la pollution liée aux systèmes d’information. En phase d’utilisation, ils consomment 39% de la facture électrique de l’IT. Leur fabrication et leur retraitement en fin de vie génère quant à elle de nombreuses pollutions chimiques et dégradation des milieux. Avec un milliard de PC en activité, dont 375 millions vendus en 2007, c’est l’un des domaines clés du Green IT en entreprise.

Impression

Chaque jour en France, un salarié imprime en moyenne 28 pages (17). Au delà des émissions de CO2 liées à la consommation électrique (6% (18) de la facture de la DSI), l’impression est une source importante de pollutions (papier, toner, etc.). Il faut 10 (19) fois plus d’énergie en amont pour fabriquer une page que pour l’imprimer. Et la fabrication du papier engendre de très fortes pollutions. C’est également un centre de coût important : 2% à 10% du chiffre d’affaires (20). Le surcoût lié aux impressions inutiles se chiffre à 400 millions (21) d’euros par an en France.

(17) Sondage Ipsos pour Lexmark, 2007
(18) Gartner
(19) CNRS (Eco-Info)
(20) Osiatis
(21) Enquête Lexmark/Ipsos, 2005, 1.000 entreprises européennes

Centre informatique (serveur, stockage, réseau)

L’informatique accorde aujourd’hui une attention toute particulière à l’efficacité énergétique, notamment dans les centres de calcul où la consommation d’énergie se chiffre en mégawatheures. Les centres informatiques (data center) et le réseau associé représentent 30% (22) de la facture électrique du système d’information. Cette consommation électrique est en forte croissance, représentant près de 1% de la consommation française d’électricité (23). Au-delà des aspects strictement environnementaux, cette explosion de la consommation des serveurs entraîne pour les entreprises une augmentation significative de la facture énergétique et des contraintes fortes en termes de croissance de la puissance informatique du fait d’une limitation de la puissance électrique disponible sur les sites des data centres. Or, en exploitant mieux les actifs informatiques des centres informatiques, on peut diviser par deux leur consommation d’énergie par rapport à celle d’un centre informatique « classique ».

(22) Gartner
(23) EDF, étude européenne

Architecture logicielle et du système d’information

Les entreprises ne cessent d’accroître leur parc logiciel pour répondre à la demande croissante de leurs utilisateurs (employés, fournisseurs, partenaires), multipliant le nombre de ses applicatifs souvent fondés sur des technologies différentes. Cette multitude de logiciels doit être agencée de façon la plus optimale et la plus interopérable possible; on parlera alors de construction d’architecture logicielle et plus globalement d’urbanisation des systèmes d’information.
A consommation électrique et capacité à monter en charge identiques, certaines architectures logicielles délivrent plus de transactions par Watt. La parallélisation des traitements sur des machines désormais multi-coeurs, le Cloud Computing et les applications hébergées (SaaS) proposent des solutions intéressantes à la fois en termes écologiques et de ROI.
Au delà de l’architecture logicielle, l’urbanisation et la réorganisation « durables » du système d’information contribue elle aussi à optimiser les ressources informatiques dans le temps et donc à réduire la consommation électrique globale du système d’information et le volume de déchets liés.

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